La question posée dans les Hauts de Seine, 2ème fédération de France, est aussi le défi national du Mouvement Démocrate.
Samedi prochain, le propos est, par nécessité, vraiment politique : devenir un grand parti.
Parmi toutes les raisons qui peuvent guider notre choix et toutes celles qui m'orientent vers les listes "Vraiment" avec Pierre Creuzet, il en est deux, politiques justement, qui ont des conséquences concrètes :
- Ce parti devra demain être l'alternative, ce qui implique de savoir désormais affirmer une offensive nourrie ;
- Ce mouvement devra demain être un parti majoritaire, ce qui implique de porter une espérance populaire.
"Alternative" et "majorité", deux mots par lesquels François Bayrou, lors de son discours de rentrée, a explicitement éclairé la route à suivre.
Pour dessiner un chemin de conquêtes, d'élections en élections jusqu'en 2012, il est maintenant temps de sortir de la phase de transition et d'élaboration que le parti a connu de 2007 à 2008.
Le MoDem est à ce virage. Il doit en finir avec la culture de la force d'appoint qu'a longtemps portée l'Udf. Devenir une force, un point c'est tout, voilà le seul projet possible. Fédérer pour aller face à un adversaire préalablement cerné.
Le centrisme d'hier qui a pu être cette nébuleuse mal définie appartient désormais au passé.
Il s'agit maintenant, et pour 3 ans, de construire une présence politique forte.
La stratégie de la confrontation qui consiste à résister au "système" établi est devenue nécessaire. Dans le 92, ce système a un nom : le sarkozisme et le pouvoir des dominants.
Capter le rejet d'une société dont nous ne voulons plus, porter l'espoir avec François Bayrou, c'est cela devenir l'alternative.
Se poser c'est Exister, dit-on. L'affirmation de soi est, en tous, cas un préalable.
En construisant et militant pour un projet humaniste face à un autre type de société, le MoDem apparaîtra le moment voulu comme la solution.
Nous sommes maintenant le "parti démocrate". Poser une expression politique forte, constructive mais sans concession est la seule issue. En résumé, les démocrates devront aussi apprendre à être contre, c'est-à-dire poser clairement un projet humain qui ne renonce pas à changer le monde.
Sortir de la culture du milieu, entrer dans celle du combat argumenté, suppose un travail sur le fond qui s'appuie sur la belle variété d'adhérents de tous bords, ouverts et tolérants, que nous formons.
Ce renouveau implique d'ouvrir les portes, de renouveler les équipes, de bousculer les habitudes et faire du MoDem un réservoir de pensée et de solutions inexplorées.
Devenir un parti capable d'affronter passe enfin par un parler vrai et clair portant bien haut le verbe et le projet. Choisir des hommes et des femmes qui en ont fini des contorsions politiques. Favoriser l'émergence d'un discours courageux et affiché, de voix nourries d'opinions affirmées, sans langue de bois, sans détour. La construction d'un parti vivant et fort, bâti pour gagner.
Pierre Creuzet a développé à Nanterre, en près de 20 années, cette culture faite de courage et de résistance à un "système". Son expérience de la confrontation prend tout son sens maintenant.
Le débat des conservateurs et des rénovateurs, des sortants et du renouveau est un grand classique.
Préparer le parti à l'affrontement ou demeurer le parti du compromis, voilà l'un des enjeux du 27, en somme.
Le deuxième objectif : croissance.
François Bayrou ne deviendra président en 2012 qu'en étant majoritaire. De cette évidence en résulte une autre : il est temps de quitter la logique de notables connue par l'ex-udf pour construire un parti populaire.
L'idée que nous pourrions rester dans la reproduction des élites, entre cadres, intellectuels et catégories sociales supérieures en tournant en boucle une pensée lissée et policée ou une parole conforme et prudente serait à craindre.
Pour devenir majoritaire, le MoDem va devoir développer son influence. Il va nous falloir rassembler, et pas seulement être rassemblés.
Devenir le parti des français c'est développer notre présence partout et affirmer une espérance forte pour demain. C'est tout autant s'adresser aux classes moyennes de plus en plus en difficulté que défendre les exclus et les délaissés d'une société si comptable de ses performances financières mais si avare de cœur.
Pour construire un parti apte à conquérir les quartiers, les villes, les départements et les régions, il nous faut du parler vrai, de la gouaille et de l'élan et offrir une approche moderne du militantisme où activisme et engagement reviennent à l'honneur.
Voir nos élus, nos cadres et nos militants parcourir le terrain, résoudre, dénouer, construire, là où ça se passe, avec les acteurs associatifs, professionnels, culturels,…
C'est accroître et multiplier nos réseaux, démultiplier notre influence, travailler notre rayonnement auprès des leaders d'opinion et de la société civile, mettre les moyens et l'énergie d'un grand parti au service de tous sans jamais être en circuit fermé.
C'est former un mouvement majoritaire qui installe la présence des Démocrates "près de chez vous". Nous voulons ce mouvement vivant, fort et organisé qui saura prendre sa place dans les Hauts de Seine.
Avec Pierre Creuzet, je compte poursuivre et renforcer ce projet et ces actions de terrain faites d'écoute, de vérité et d'humanité.
Retrouvons le souffle de 2007. Il nous faut "changer de braquet" et combattre en orange vif pour un projet de société alternatif, humain à vocation majoritaire.
C'est ça être "vraiment". Existons ! Existons vraiment !
Sylvain Canet
MoDem Boulogne-Billancourt
Version pdf de l'article :la_question_du_27sept92.pdf




